Pour la panthéonisation d’Olympe de Gouges et de Solitude

Olympe de Gouges (1748-1793)

Posted by Christine sur mars 6, 2007

Biographie d’Olympe de Gouges 

(Source Wikipedia)

Née le 7 mai 1748 à Montauban, Marie Gouze est déclarée fille de Pierre Gouze, qui ne signe pas au baptême, et d’Anne-Olympe Mouisset, mariés en 1737, mais elle apprend bien vite, par sa mère, qu’elle est la fille naturelle du poète Jean-Jacques Lefranc de Pompignan, le célèbre antagoniste de Voltaire. Sa mère elle même était la filleule de Jean-Jacques Le Franc, marquis de Pompignan et d’Olympe Colomb de
La Pomarède et tout Montauban, écrit le député Poncet-Delpech et d’autres, savait que cette jolie femme avait été aimée par le marquis son parrain de cinq ans plus âgé qu’elle.

En 1765, elle épousa un traiteur parisien, Louis-Yves Aubry, et se retrouve très vite mère d’un petit garçon et presque aussitôt veuve. Déçue par son expérience conjugale, elle refusa toujours de se remarier par la suite considérant le mariage comme « le tombeau de la confiance et de l’amour ». Elle portait couramment les prénoms de « Marie-Olympe » (elle signe plusieurs textes ainsi) ou d' »Olympe », et elle ajouta une particule à son patronyme « Gouze » ou plutôt « Gouges », graphie adoptée par certains membres de sa famille dont sa sœur Jeanne Gouges. Elle voulut rejoindre cette sœur épouse de médecin à Paris et, vers 1770, quitta Montauban avec son fils Pierre, futur général des armées de la République à qui elle fit donner une éducation très soignée. À Paris, elle s’éprit d’un haut fonctionnaire de la marine, directeur d’une puissante compagnie de transports militaires en contrat avec l’état. Il la demanda en mariage, qu’elle refusa, mais leur liaison dura jusqu’à la Révolution. Il est donc faux d’affirmer avec ceux qui méconnaissent le contexte que Marie-Olympe de Gouges fut une « courtisane ». Elle eut peut-être quelques passades, des coups de cœur, mais sans commune mesure avec le libertinage pratiqué à Versailles et dans les milieux de la haute bourgeoisie parisienne. Grâce à Jacques Biétrix de Rozières, qui la considérait un peu comme sa femme, elle eut une grande indépendance financière, ce qui lui donnait un certain train de vie (elle figure dès 1774 dans l’Almanach de Paris ou annuaire des personnes de condition) et lui permit dès 1778 de s’essayer à écrire des pièces de théâtre qui fut la passion de toute sa vie. Indépendamment de son théâtre politique qui fut joué sous la Révolution, la pièce qui la rendit célèbre en son temps est « l’Esclavage des Noirs » publié sous ce titre en 1792, inscrite au répertoire de la Comédie-Française le 30 juin 1785 sous le titre de « Zamore et Mirza, ou l’heureux naufrage ». Cette pièce et une autre intitulée « le Marché des Noirs » (1790), ainsi que ses « Réflexions sur les hommes nègres » (1788) lui ont permis de rejoindre la « Société des amis des Noirs » – le lobby des abolitionnistes – créé en 1788 par Brissot qui parle d’ailleurs d’elle dans ses lettres inédites, puis d’être citée par l’abbé Grégoire, dans la liste « des Hommes courageux qui ont plaidé la cause des malheureux Noirs » (1808).

En 1788, elle s’était fait remarquer en publiant deux brochures politiques qui furent très remarquées et discutées en leur temps, notamment dans le « Journal général de France » et d’autres journaux. Elle avait développé un projet d’impôt patriotique dans sa célèbre « Lettre au Peuple » et proposé un vaste programme de réformes sociales et sociétales dans ses « Remarques patriotiques ». Ces écrits furent suivis de nouvelles brochures qu’elle adressa sans discontinuer aux représentants des trois premières législatures de la Révolution, aux Clubs patriotiques et à diverses personnalités dont Mirabeau, La Fayette et Necker qu’elle admirait particulièrement. Ses positions furent toujours très proches de celles des hôtes de Mme Helvétius, qui tenait salon à Auteuil, et où on défendait le principe d’une monarchie constitutionnelle. En relation avec le marquis de Condorcet et son épouse née Sophie de Grouchy, elle rejoignit les Girondins en 1792. Elle fréquentait les Talma, le marquis de Villette et son épouse, également Louis-Sébastien Mercier et Michel de Cubières, secrétaire général de la Commune après le 10 août, qui vivait maritalement avec la comtesse de Beauharnais, auteur dramatique et femme d’esprit. Avec eux, elle devint républicaine comme d’ailleurs beaucoup de membres de la société d’Auteuil qui pratiquement tous s’opposèrent à la mort de Louis XVI. le 16 décembre 1792, Mme de Gouges s’offrit pour assister Malesherbes dans la défense du roi devant la Convention, mais sa demande fut rejetée avec mépris. Elle considérait que les femmes étaient capables d’assumer des taches traditionnellement confiées aux hommes et régulièrement, pratiquement dans tous ses écrits, elle demandait que les femmes fussent associées aux débats politiques et aux débats de société. La première elle obtint que les femmes fussent admises dans une cérémonie à caractère national, « la fête de la loi » du 3 juin 1792 puis à la commémoration de la prise de
la Bastille le
14 juillet 1792.

Olympe de Gouges défendit avec ardeur les droits des femmes. S’étant adressée à Marie-Antoinette pour protéger « son sexe » qu’elle disait malheureux, elle avait rédigé une Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne, calquée sur la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, dans laquelle elle affirmait l’égalité des droits civils et politiques des deux sexes, insistant pour qu’on rende à la femme des droits « naturels » que la force du préjugé lui avait retiré. À cette époque, le suffrage est censitaire car il faut payer trois journées de travail pour voter. Seuls les privilégiés peuvent voter : la majorité du peuple français, dont les hommes, ne vote donc pas. Elle demande la suppression du mariage et l’instauration du divorce qui fut adopté quelques mois plus tard. Elle émet à la place l’idée d’un contrat annuel renouvelable signé entre concubins et milite pour la libre recherche de la paternité et la reconnaissance des enfants nés hors mariage. Elle fut aussi une des premières à théoriser, dans ses grandes lignes, le système de protection maternelle et infantile que nous connaissons aujourd’hui par la création de maternités. De plus, elle recommanda la création d’ateliers nationaux pour les chômeurs et de foyers pour mendiants qui se rapprochent des foyers d’hébergements actuel.

En 1793, elle s’en prit vivement à ceux qu’elle tenait responsable des atrocités des 2 et 3 septembre 1792 (« le sang, même des coupables, disait-elle, souille éternellement les Révolutions »), désignant particulièrement Marat. Soupçonnant Robespierre d’aspirer à la dictature, elle l’interpella dans plusieurs écrits ce qui lui valut une dénonciation de Bourdon de l’Oise au club des Jacobins. Après la mise en accusation du parti girondin tout entier à la convention, le 2 juin 1793, elle adressa une lettre pleine d’énergie et de courage, s’indignant de cette mesure attentatoire aux principes démocratiques (9 juin 1793). Ce courrier fut censuré en cours de lecture. S’étant mise en contravention avec la loi de mars 1793 sur la répression des écrits remettant en cause le principe républicain (elle avait rédigé une affiche à caractère fédéraliste ou girondin sous le titre « Les Trois urnes ou le Salut de la patrie, par un voyageur aérien »), elle fut arrêtée et déférée au tribunal révolutionnaire le 6 août 1793 qui l’inculpa.

Malade à la prison de l’abbaye de Saint-Germain-des-Près, réclamant des soins, elle fut envoyée à l’infirmerie de la petite Force, rue Pavée dans le Marais, partageant la cellule d’une condamnée à mort, Mme de Kolly, qui se prétendait enceinte. En octobre suivant, elle obtint son transfert dans la pension de Mme Mahay, sorte de prison pour riches où le régime était plus libéral et où elle eut semble-t-il une liaison avec un des prisonniers. Il lui aurait été facile de s’évader mais, désirant se justifier des accusations pesant contre elle, elle réclama publiquement son jugement dans deux affiches très courageuses qu’elle réussit à faire sortir clandestinement de prison et imprimer pour qu’elles soient largement diffusées (« Olympe de Gouges au Tribunal révolutionnaire » et « Une patriote persécutée », son dernier texte, très émouvant). Traduite au Tribunal au matin du 2 novembre, soit quarante-huit heures après l’exécution de ses amis Girondins, elle fut condamnée à la peine de mort pour avoir tenté de rétablir un gouvernement autre que un et indivisible. D’après un inspecteur de police en civil, le citoyen Prévost présent à l’exécution, d’après le Journal de Perlet et d’autres témoignages, elle est montée sur l’échafaud avec infiniment de courage et de dignité contrairement à ce que raconte au XIXe siècle l’auteur des mémoires apocryphes de Sanson et quelques historiens misogynes dont le fameux Jules Michelet. Sa dernière lettre fut pour son fils, l’adjudant général Aubry de Gouges, qui la renia dans une « profession de foi civique », par crainte d’être inquiété. Dans sa Déclaration des Droits de la Femme, elle avait écrit de façon prémonitoire « la femme a le droit de monter sur l’échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la Tribune ». mais le procureur de la Commune de Paris, Pierre-Gaspard Chaumette, dans un discours aux républicaines, fustigea sa mémoire et applaudit à son exécution, méritée selon lui, ne serait-ce que parce qu’elle avait, disait-il, « oublié les vertus qui conviennent à son sexe ».

 

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